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Grand témoignage

Les 10 jours « J » de Joseph Kabila: 16 janvier - 26 janvier 2001

La Belgique n’a jamais repris toutes ses valises du sol congolais et la RD Congo a toujours peiné de contourner la Belgique dans l’accomplissement de son quotidien socio-économique et de son avenir politique

La Belgique et son ancienne colonie, la République démocratique du Congo (RD Congo), ont des liens historiques et socioculturels intimes. Les relations entre les dirigeants de ces deux pays sont autant marquées par des oppositions, des incompréhensions, des confusions, des malentendus que des histoires rocambolesques manquant dans la série de bandes dessinées Tintin, œuvre de Georges Remi Hergé : incroyable mais vrai, accompagnant son époux en mission officielle, la femme d’un ministre en charge de la défense nationale en RD Congo avait demandé l’asile en Belgique! Commentaires interdits.

Le 30 juin 1960, l’infiniment « petite Belgique » avait cessé de coloniser l’infiniment « grande République démocratique du Congo ». À Bruxelles comme à Léopoldville (actuel Kinshasa), le sentiment d’humiliation, la tristesse, la rancœur, l’indifférence, l’euphorie, l’esprit revanchard, les échanges de vœux ironiques et hypocrites, les rires jaunes et moqueurs n’avaient pas manqué de ponctuer cet évènement historique. Malgré les discours pamphlétaires, les déclarations accusatrices, les attaques ouvertes de l’une contre l’autre, notamment sur les violations des droits humains et des libertés, l’exploitation de l’homme par l’homme, la mauvaise gouvernance et la prédation, la Belgique institutionnelle occupe toujours les premières loges dans la politique congolaise. Croyant fermement qu’aucun acteur politique belge ou congolais ne peut placer une croix sur les relations exceptionnelles entre les Belges et les Congolais, la Belgique n’a jamais repris toutes ses valises du sol congolais et la RD Congo a toujours peiné de contourner la Belgique dans l’accomplissement de son quotidien socio-économique et de son avenir politique. Pour preuve, en l’espace de 20 ans, les Belges ont pleuré deux souverains, en présence de nombreux congolais.  Entre 1969 et 2001, les Congolais ont perdu trois présidents dont un par assassinat, en bénéficiant de l’attention et de la compassion particulières des Belges. Ainsi va la vie - probablement pour l’éternité - entre l’Oncle nordique et son neveu sudiste…

Un peu comme à la survenue de l’assassinat de JF Kennedy attribué à Lee Oswald, principal suspect, abattu par Jack Ruby moins de 48 heures après son arrestation, l’ancien Kadogo Rashidi aurait été, quant à lui, tué quelques minutes après par le colonel Eddy Kapend, aide de camp de LDK

Le 16 janvier 2001, sous un soleil de plomb, dans les dernières minutes de 14 heures, une série de tirs est entendue à Kinshasa, autour du palais du président Laurent Désiré Kabila (LDK). La capitale congolaise est vite gagnée par une panique générale et une rumeur qui durera officiellement ou officieusement 48 heures : dans son bureau de travail, LDK est criblé des balles par un de ses gardes du corps, un ancien Kadogo, Rashidi Kasereka Mizele. Blessé grièvement, le président s’écroule et expire. Un peu comme à la survenue de l’assassinat de JF Kennedy attribué à Lee Oswald, principal suspect, abattu par Jack Ruby moins de 48 heures après son arrestation, l’ancien Kadogo Rashidi aurait été, quant à lui, tué quelques minutes après par le colonel Eddy Kapend, aide de camp de LDK. 

SUITE 1

Vers 15 heures, sur le plateau de la Radio et Télévision nationale congolaise (RTNC), Eddy Kapend, un tantinet familier aux rouages du commandement militaire, ordonna pince-sans-rire la fermeture immédiate des frontières et appela les chefs de l’armée à «maîtriser leurs unités». Bien avant, l’armée boucla tous les accès menant à la résidence du président assassiné. Le régime de couvre-feu fut aussi instauré de 20H00 locales (19H00 GMT) à 06H00.   Ironie du sort : le 24 février 2001, l’homme-orchestre de cette situation exceptionnelle, Eddy Kapend, est aux arrêts et sera compté parmi les 120 prévenus et un des condamnés à mort d’un procès  qui n’a jamais terminé. C’est l’unique prisonnier de « first class » du Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK) à ne pas tomber malade sur ses 20 ans de privation de liberté.

La vie politique en RD Congo décline généralement entre trois fins  : l’assassinat, l’exil honteux et la prison de reclassement social

En dépit de tortures diverses auxquelles a été soumis son corps moyen et athlétique, Eddy Kapend, francophone de première ligne et détenteur d’un master en philosophie de l’Université de Lubumbashi, recouvra la liberté en santé de fer, environ 20 ans après, à la suite des mesures de  grâce présidentielle prises par Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, en début de l’année 2021 : acquiesçant son sort avec philosophie, l’homme de main de LDK a ainsi passé presque le tiers de sa vie sous les verrous, au centre pénitentiaire et de rééducation de Makala. Pour bon nombre d’observateurs avertis, en RD Congo, cette prison constitue le lieu de règlement des comptes  entre les acteurs politiques, d’une part, et entre ces derniers et les gens d’affaires, d’autre part. Vraisemblablement, entre la prison centrale de Makala et les bureaux huppés ou luxueux des membres du gouvernement et mandataires publics, il n’y a qu’un pas. La vie politique en RD Congo décline généralement entre trois fins  : l’assassinat, l’exil honteux et la prison de reclassement social.  Et, au regard de la spirale des détournements et scandales financiers à plus de 7 chiffres dollarisés, de 2001 à 2022, Il n’est donc pas exclu que les actuels gestionnaires kabilistes, mobutistes et néo-mobutistes ainsi que les tshisekedistes et néo-tshisekedistes passent dans l’avenir de courts ou longs séjours dans ce plus grand centre pénitentiaire de Kinshasa. Joseph Kabila ne devra pas faire exception. Les Congolais croisent les doigts et attendent le passage de celui-ci à la prison centrale de Makala ou un autre sort plus châtiant être réservé au 4ème président de la RD Congo.

À tort ou à raison, de nombreux personnalités politiques, hommes d’affaires et stars de la musique ont déjà séjourné à la prison centrale de Makala, à titre individuel, en duo ou collectivement : Modeste Bahati Lukwebo, Vital Kamerhe, Ne Mwanda N'semi, Eugene Diomi Ndongala, Franck Diongo, Bosekota Watshia,   Catherine Nzuzi wa Mbombo, David Blattner, Samih Jamal, Roland Yagi, Michel Bindo, Koffi Olomide, Nyoka Longo, etc.

Il est aussi possible qu’au partage du pouvoir d’État, afin de se tailler quelques postes de responsabilité, un groupe de politiques opportunistes se fasse prévaloir le statut de membre de l’association d’anciens prisonniers de Makala ou simplement l’association des amis d’anciens prisonniers de Makala

Habitués aux fragrances de grandes marques et aux odeurs alléchantes des plats les plus copieux de la RD Congo, des gaufres belges fourrées à la cassonade, du lapin à la bière, des chicons à la béchamel, des moules frites, de la Waterzoï de poulet, des escargots persillés, de la bouillabaisse, du pot-au-feu, du steak-tartare, du bœuf bourguignon, des huitres accompagnées de vinaigre à l’échalote ou de citron, des cheeseburgers, des homards à l’américaine avec légumes et fumet de poisson, de la dinde de thanksgiving aux légumes, de la pizza aux légumes, fruits et viande, de la lasagne cuite au four, des spaghetti carbonara, des  raviolis et des risotto, ces locataires VIP de la prison de Makala avaient été obligés d’inhaler tous les airs nauséabonds du bas-fond de Kinshasa. Sans oublier l’odeur  envahissante et collante répandue par la cuisson en quantité industrielle de « Vungule », le peu ragoûtant mélange de maïs et de haricots distribué quotidiennement aux prisonniers. Construite pour un effectif de 1500 personnes, la prison centrale de Makala à Kinshasa abrite aujourd’hui 8.600 détenus, soit un taux d’occupation de 461 %. Une surpopulation qui laisse à désirer. Au demeurant, une anecdote dira qu’en RD Congo, il est aussi possible qu’au partage du pouvoir d’État, afin de se tailler quelques postes de responsabilité, un groupe de politiques opportunistes se fasse prévaloir le statut de membre de l’association d’anciens prisonniers de Makala ou simplement l’association des amis d’anciens prisonniers de Makala. Rires et silencieux soupirs. Passons!

Écroué pendant près de deux décennies dans cette prison-mouroir, le colonel Eddy Kapend, est incontestablement compté, d’en haut,  parmi les personnages-clé d’une situation inattendue et première du genre en RD Congo : le décès d’un président en pleine fonction.

Face à cette exceptionnelle situation, d’en bas , les choses se passent autrement aux premiers moments.

En plein centre-ville de Kinshasa, autour de 14 heures, les commerces et les étalages publics étaient fermé un à un à une vitesse astronomique. Avant 15 heures, tous les points d’attente de transport sur le boulevard du 30 juin étaient bondés de monde. La plupart des personnes en attente de transport étaient porteurs de sacs alimentaires pour le repas familial du jour. Entre-temps, craignant le spectre de trouble et de désordre, certains transporteurs avaient carrément retiré leurs véhicules de la circulation.  La surenchère avait gagné les esprits du peu de transporteurs privés en circulation. Tous les taxis se pratiquent en express doublé ou triplé: le premier demandeur du service express se partage avec le conducteur les frais déboursés par d’autres passagers embarqués sur la banquette arrière du taxi. La plupart des taxis-brousse déclinent en mode demi-terrain : ce qui double le revenu des transporteurs privés en cet après-midi de grande incertitude occasionnée par une cause à la fois fantôme et insécure. Toujours sur le boulevard du 30 juin, près de la devanture du siège administratif de la Société commerciale de Transports et de Ports (SCTP), ex-Onatra, et de la place Gare centrale, l’on pouvait voir des trainées des voitures roulant en parallèle à vive allure et clignotant en mode détresse vers Kitambo Magasin, Place victoire, Kingasani ya Suka, Limete 7ème, Pont Matete, Binza Pompage, Bon marché, Huileries/Mushi, Bandal Moulaert,  Rond-point Mandela, Kingabwa Isam, Quartier 1, Lemba super, Lemba terminus ou Rond-point Ngaba, UPN, Gombe-Affaires étrangères.

Dans la rafale d’informations à suivre sur la RD Congo, mardi 16 janvier 2001, un acteur exceptionnel et passionné de la rhétorique politique était intervenu: il s’agit de Louis Michel, alors chef de la diplomatie belge

Une heure après, un calme de cimetière avait envahi le centre-ville. Sur 3 ou 5 minutes, quelques véhicules à compter des doigts de la main se suivaient à quelques kilomètres sur le boulevard du 30 juin. Quelques véhicules des corps diplomatiques circulaient en suite ou cortège. Certaines représentations diplomatiques avaient recouru aux véhicules blindés conduits spécialement par des gendarmes ou éléments conséquemment armés.

À l’université de Kinshasa, appelée 25ème commune de la ville-capitale de la RD Congo, depuis les dernières minutes de 14 heures, les étudiants avaient vidé les auditoires au même rythme qu’au centre-ville : les uns retournant en catastrophe à la cité, les autres regagnant prudemment les résidences universitaires des professeurs et les homes des étudiants. À travers toutes les résidences des étudiants, du plateau au Home 30, en passant par les Homes des filles Binti 1 (Vatican), 150 et 80 ainsi que les homes de garçons 10 et 20, les étudiants, sous le qui-vive, s’étaient massés dans les cours intérieures respectives, dans l’attente des informations qui fusaient des bouches à l’oreille, des radios périphériques, des chaines étrangères. La peur, l’inquiétude et l’émotion étaient entremêlées sur les visages des étudiants quelque peu perdus, dans l’attente impatiente de l’information. Comme des journalistes de relais, les étudiants étaient aussi à l’affut des informations en développement sur les chaines locales, nationales et internationales. À Kinshasa comme à l’intérieur du pays, de milliers de postes de radios étaient collés aux oreilles. Les ondes trônaient dans la réception des informations, minute après minute. Toutes les nouvelles en bref de la RD Congo et les éditions de journal de Africa No1, de la RFI, de la RTBF et de la BBC sont constamment suivies en groupes spontanément constitués dans les différents homes.

Dans la rafale d’informations à suivre sur la RD Congo, mardi 16 janvier 2001, un acteur exceptionnel et passionné de la rhétorique politique était intervenu: il s’agit de Louis Michel, alors chef de la diplomatie belge. (À suivre)

 


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