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Grand témoignage

Claude Kazadi Lubatshi : vision, actions et ambitions pour la RD Congo ou le Canada?

"Sans fausse modestie, je suis parmi les rares élèves africains qui, à l’âge de 10 ans, partaient à l’école avec un lourd cartable contenant quelque 300 grammes de  journaux (les quotidiens Salongo et Élima) pour 5 kilos de livres, cahiers, compact, règle, stylos à bille et autres fournitures scolaires dont une boîte à lunch. Cela constituait environ 1/10 de mon poids. En sixième année primaire, je feuilletais déjà « Paris Match » que ma mère – esthéticienne kinésithérapeute de renom fréquentant les salons huppés -, nous apportait un jour avant la date de la parution inscrite sur la manchette. À l’école secondaire, je lisais déjà avec un esprit allumé « Jeune Afrique » et je savais dessiner de mémoire, crayon sur les bouts de doigts, la carte physique de l’Afrique, en y indiquant toutes les capitales politiques"

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À Cœur ouvert, Claude Kazadi Lubatshi, libre penseur et chercheur en communication, concentration médias socionumériques à l’Université du Québec à Montréal,  a accordé une interview ce samedi 22 août 2020, à Nathan Mandefu de « Cent Tambours Mille Trompettes ».  Au cours de cette interview, Claude Kazadi Lubatshi a dévoilé les particularités de ses origines, sa vision du monde, sa perception sur la crise sanitaire à la Covid-19, son rêve pour la RD Congo, sa position sur le deal Tshisekedi-Kabila, son regard sur le Québec et le Canada ainsi que son engagement pour la défense et la promotion des valeurs.

Ci-dessous l'intégralité de l’interview à lire attentivement.

Qui est Claude Kazadi Lubatshi? Qui sont vos parents et que retenir de votre parcours scolaire?

Je suis le produit biologique d’un couple kasaïen de la République démocratique du Congo (RD Congo). Ma mère, Henriette Mwanga Badibanga est la fille de Paul Badibanga Kabongo, notable d’une chefferie à Mweka. Elle fait partie de la première promotion d'esthéticiennes-kinésithérapeutes de la RD Congo, émanant de l’institut de Beauté de l’ex-Léopoldville, dans le début des années 1970.

Par son expertise demi-séculaire en industrie esthétique, elle offre des outils et des conseils aux femmes et hommes à savoir aimer et faire aimer leurs corps en augmentant davantage leurs sensations de mieux-être externes et internes…en résorbant au quotidien les vagues ou les flux et reflux des stress d’origine diverses, en améliorant la qualité de la vie, surtout, en affichant durablement une jeunesse éclatante (du corps et de l’esprit) face au poids, aux perturbations et aux exigences de l’âge et aléas de la vie.

Pendant 30 ans, de 1968 à 1997, à temps plein, les résultats de son travail toujours mieux accompli ont été reconnus à travers l’Afrique, l’Europe et, spécialement, en RD Congo par les hauts responsables suivants : Léon Kengo wa Dondo et épouse (ancien procureur général de la république, premier ministre et président du sénat), Seti Yale et épouse (Patron de l’Agence nationale de Renseignements « ANR » et Conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité), Édouard Mokolo wa Pombo et épouse (Administrateur de l’ANR et ministre), Augustin Dokolo Sanu et épouse (Administrateur-Président des sociétés dont la Banque de Kinshasa), Ndombasi Bila Pelou et épouse (Homme d’affaires et propriétaire des grandes surfaces sous succession Peloustore), Umba Di Lutete et épouse (Ministre des Affaires Étrangères), Petrus Dangbele et épouse (Ancien patron de ZAMAT, une société privée, fleuron de l'ex Zaîre, dans l'immobilier, l'alimentation générale et le transport fluvial), Gilbert Kiakwama Kia Kiziki et épouse (ministre du portefeuille puis des finances à l’époque Mobutu et député national aujourd’hui), (Jean-Jacques Kande et épouse (Ministre de l’information), Denis Sakombi Ekope et épouse (Ministre de l’intérieur et Gouverneur de la Ville de Kinshasa), Dominique Sakombi Inongo et épouse (Directeur du Cabinet du Ministre de l’information et secrétaire général du parti unique chargé de la Propagande, de la Presse et de l’Information),  Barthélemy Bisengimana Rwema dit Barthos (Directeur du cabinet du président Mobutu et propriétaire des sociétés),  Miko Rwayitare et épouse (homme d’affaires et patron de Télécell International), Cyprien Rwakabuba Shinga (Membre du Comité central, commissaire du peuple, commissaire politique et administrateur des sociétés), Georges Rwigamba rutindika et épouse (Directeur- Général de la Banque de la Communauté Économique des pays des Grands Lacs, C.E.P.G.L. puis Directeur de la Société Financière de Développement, SOFIDE), Gahunga (Administrateur-Directeur-Général de la Société d’Exploitation Pétrolière (Zaïre SEP).

Sa solidarité et sa générosité sont légendaires. Elle a beaucoup partagé son toit et tout son bonheur avec plus d’un membre ascendant et descendant de sa famille, avec plus d’un homme dépourvus de moyens de survie et de tranquillité. En reconnaissance de ses bienfaits, elle compte aujourd’hui plus d’une dizaine d’homonymes à travers le monde.

Fils de Barthelemy Kayembe, un ancien combattant des guerres mondiales 1914-1918 et 1940-1945 et un ancien directeur de la prison centrale de Mbuji-Mayi, mon défunt père, Donatien Kapinga Mulume, fut un ancien diplômé de l’école normale, après avoir fréquenté en écolier docile et studieux le prestigieux centre d’éducation de Lusambo. C’est en ce lieu, dans le Kasaï, que les premiers frères missionnaires venant de la Belgique avaient commencé par organiser l’éducation au Congo-Belge. En 1967, il fut engagé à l’Office des transports du Congo (Otraco), qui sera baptisé, tour à tour, Office national des transports (Onatra), puis, Société commerciale des transports et des ports (Sctp)). Mon père s’était vite distingué dans l’art du contrôle et de l’audit. En l’espace de vingt-trois ans, il a effectué plus d’une centaine de voyages vers l’hinterland par avion, bateau, route et train. Il  prit place fréquemment dans les navires de commerce de son office tels que Kokolo, Kasaï et Tshatshi. Le dernier navire cité faisait le parcours Kinshasa-Kisangani, le plus long parcours fluvial à l’intérieur de la RD Congo : une voie pas toujours facile à la navigation. Ainsi, suite à ses nombreux va-et-vient sur ce parcours fluvial, les voisins proches et lointains attribuèrent à mon père le sobriquet « Papa Kisangani ».

Mon père était compté parmi les grands travailleurs de l’ex-Onatra. Son succès en matière d’inspection et d’audit ne peut être contesté. Il en avait du flair, au point que son dernier chef direct, avare, le préférait abusivement au détriment des autres inspecteurs rapaces et immoraux, lorsqu’il s’agissait surtout des missions importantes, des « boîtes à Pandore » à ouvrir. Incorruptible, calme, doux, d’une moralité et d’une honnêteté orthodoxes, mon père a toujours ramené de sa pêche aux fraudeurs et délinquants des « capitaines » au lieu de petits poissons ou des frétins. Vraisemblablement, mon père constitua, durant des années, la vache à lait de son chef autochtone. Monsieur Lereck, un coopérant belge responsable de l’inspection générale de l’Onatra dans le début de la décennie 1980, eut gardé toujours de mon père l’image d’un expérimenté et exceptionnel travailleur.

Voilà, l’essentiel que je puisse dire de mes parents.

Personnellement, je ne suis pas venu au monde avec une cuillère en argent dans la bouche. Mais je suis une âme bien née, un certain 2 décembre à minuit mathématique, de parents kasaïens, comme je viens de l’affirmer précédemment. Je suis issue d’une modeste famille de la classe moyenne pour laquelle l’éducation demeure le pilier de l’épanouissement de l’enfant. Sans fausse modestie, je suis parmi les rares élèves africains qui, à l’âge de 10 ans, partaient à l’école avec un lourd cartable contenant quelque 300 grammes de  journaux (les quotidiens Salongo et Élima) pour 5 kilos de livres, cahiers, compact, règle, stylos à bille et autres fournitures scolaires dont une boîte à lunch. Cela constituait environ 1/10 de mon poids. En sixième année primaire, je feuilletais déjà « Paris Match » que ma mère – esthéticienne kinésithérapeute de renom fréquentant les salons huppés -, nous apportait un jour avant la date de la parution inscrite sur la manchette. À l’école secondaire, je lisais avec un esprit déjà allumé « Jeune Afrique » et je savais dessiner de mémoire, crayon sur les bouts de doigts, la carte physique de l’Afrique, en y indiquant toutes les capitales politiques. Me souvenant toujours de Frantz Fanon, étant donné que l’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette et les minutions se trouvent en RD Congo, à 12 ans, je savais déjà esquisser, à quelque défaillance près, le périmètre du territoire national de mon pays. En 3ème secondaire, je tombais en amour avec « le Bon Usage » de Maurice Grevisse, en me lançant dans la conquête des jeux et enjeux de la conjugaison française avec mon ami et frère Serge Mpanda, tous deux, yeux rivés sur "L'Art de conjuguer" de Louis-Nicolas Bescherelle appartenant à la grande-sœur Sylvie Mpanda, en son temps élève au Lycée Sacré-Cœur de la Gombe. Je me rappelle aussi de « Mon premier Larousse en couleur », « Mamadou et Bineta sont devenus grands », « À petits-pas », « À grands pas », « Au gré de vagues », « Auteurs français », etc…Des manuels très utiles pour l’enseignement  en RD Congo. Malheureusement, j’avais très rarement utilisé la série didactique « Savoir et savoir-faire ».  En 5ème année secondaire, j’avais presque mémorisé l’ouvrage « L’Histoire du monde contemporain » et en 6ème année, je savais réciter tous les grands moments de l’histoire politique, sociale, culturelle et économique du monde de 1901 à 1990, grâce à « La Chronique du 20ème siècle », éditée au complet par Catherine et Jacques Legrand, sans manquer de me référer à « Guinness », mon expert en superlatif (l’homme le plus petit, l’homme le plus âgé, etc.). Ces deux volumes de connaissances ont été mis à ma disposition par ma marraine, Petruc Helena, une roumaine mariée à un congolais. Un couple qui guida mes premiers pas d’orphelin de père pour la réussite et le succès scolaire ou universitaire. Durant mes vacances, j’aimais également beaucoup dessiner des cartes complexes illustrées dans  l’« Atlas Classique » de Pierre Gourou.

"Je mets à défi quiconque qui me présente un homme, autre que Muvaro, qui eût le contrôle et la maîtrise des médias congolais comme cet ancien Kassapard, maître en sciences sociales et politiques"

À la deuxième année de mes études à l’Université de Kinshasa, j’avais à ma portée entre 24 et 32 journaux à lire par jour. C’était pour moi, le plus grand privilège que je tirais de mon long séjour de 9 ans chez mon frère cousin, Mulombo Valentin Roger en acronyme Muvaro et en abrégé Muva. Ce denier fut le plus grand magnat de la presse congolaise, toutes tendances confondues. Je mets à défi quiconque qui me présente un homme, autre que Muvaro, qui eût le contrôle et la maîtrise des médias congolais comme cet ancien Kassapard, maître en sciences sociales et politiques. C’est grâce à lui que j’ai rencontré, en personne stratégiquement effacée, des centaines de hauts responsables académiques, politico-administratives et militaires du Zaïre. En dehors de ceux-ci, Muvaro était aussi célèbre dans les milieux des sportifs (football, basketball, volleyball, catch, Boxe, etc.), des artistes musiciens et comédiens. Toujours en homme stratégiquement effacé, j’ai côtoyé de grandes artistes de la musique congolaises. Ce qui m’avait permis de collecter de précieuses informations de sources plus directes et crédibles. Mes talents d’étudiants entreprenant me permirent de faire déplacer deux chefs de missions diplomatiques pour une visite de courtoisie, s’agissant de l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Royaume de Belgique en RD Congo, et une visite d’au revoir, en ce qui concerne l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Confédération Helvétique (Suisse) au terme de son mandat en RD Congo.

Apparemment, vous aviez évolué dans la discrétion…

C’est vrai que je parlais peu dans les milieux de mon frère Muvaro. Mais je pouvais aussi beaucoup parler tout en restant discret. La discrétion, c’est aussi cette subtilité gestuelle, cette capacité ou cette endurance du cœur et de l’esprit  de savoir dissimuler, même par une abondance de verbiages, certaines qualités, certaines accointances, certaines connaissances, certains savoirs, certaines capacités ou aptitudes, afin d’offrir plus d’espace à certaines personnes à vous dévoiler leurs vraies faces, leurs vraies personnalités, leurs vraies intentions, leurs ambitions, leurs objectifs poursuivis.

En tant qu’être spirituel ou mental, je vis tantôt la pauvreté à côté de la richesse tantôt la richesse à côté de la pauvreté

Selon vous-même, quelle est votre classe sociale?

Matériellement, je ne  fais pas partie d’une famille riche ou bourgeoise. Je ne suis pas aussi un pauvre. Mais, en tant qu’être spirituel ou mental, je vis tantôt la pauvreté à côté de la richesse tantôt la richesse à côté de la pauvreté. Depuis des années, comme mon défunt père et ma mère, je me considère de la classe moyenne. Ce qui me donne la possibilité de me glisser quelques fois parmi les vrais bourgeois ou les riches en Europe et en Amérique, d’une part, et plusieurs fois dans la masse prolétarienne en Afrique, des populations plongée dans l’extrême pauvreté et la misère noire, d’autre part.

Entre les lignes, je comprends que vous ne faites pas partie de la classe pauvre. Mais quelle image avez-vous de la pauvreté?

Je viens de vous affirmer que je vis tantôt la pauvreté à côté de la richesse tantôt la richesse à côté de la pauvreté, immatériellement parlant. Mais, l’image la plus troublante de ma vie c’est celle d’un enfant, visiblement âgé de moins de 5 ans, frappé par une kwashiorkor sévère, dans la localité de Luzizila, autour du centre missionnaire Kimwenza, au sud de Kinshasa. Cet enfant était totalement dépourvu d’énergie physique et son corps était envahi et drapé par un essaim de mouches. L’on pourra croire que ce misérable enfant s’était camouflé et habillé en treillis militaire couvrant la tête en entier. Ayant plus d’énergies que cet enfant immobile, ces milliers de mouches festoyaient en toute quiétude en dévorant en minuscules bouchées et en cadavérisant ce dernier. Insupportable image de la pauvreté et de la misère silencieuses. Il y a des responsables bien identifiées de cette situation dramatique et deshumanisante. C’est notamment des politiques qui se sont partagés et appropriés presque totalement le revenu national ou les richesses du pays. Pourtant, l’idéal le plus pensable voudra que le pauvre soit seul responsable de sa pauvreté et le riche seul artisan de sa richesse.

"Ce sont ces savants que je consulte tous les jours, à travers leurs pensées éclairantes et non périssables. J’ai le privilège de recevoir avec la plus grande intensité les rayonnements de leurs diverses intelligences"

Dites-moi, quels sont les fondamentaux de votre vie?

Naturellement, j’ai deux parents biologiques, le défunt Donatien Kapinga Mulume et Henriette Mwanga Badibanga qui m’ont aidé à acquérir les fondamentaux de la vie. J’ai beaucoup de frères, sœurs, oncles, tantes, cousins et cousines, neveux et nièces biologiques. Mais mes deux parents spirituels, c’est la raison et la vérité sous l’éclairage divin. Les personnages historiques, les dépositaires des savoirs et des connaissances tels que Socrate, Platon, Aristote, Archimède, Montesquieu, Galilée, Léonard de Vinci, Blaise Pascal, Jean-Jacques Rousseau, Benjamin Franklin, Michael Faraday, Nikola Tesla, Alfred Nobel, Antoine de Lavoisier, Ampère, Louis Pasteur, Isaac Newton, Marie et Pierre Curie, Thomas Edison, Albert Einstein, Alan Touring, Martin Luther King, Dominique Pire, Nelson Mandela et autres sont considérés comme mes frères et amis éternels. Après le Bon Dieu, le créateur de l’univers, ce sont ces savants que je consulte tous les jours, à travers leurs pensées éclairantes et non périssables. J’ai le privilège de recevoir avec la plus grande intensité les rayonnements de leurs diverses intelligences.

J’ai une obsession incommensurable pour les choses intelligentes, vraies et rationnelles. Car je sais que même à la maturité d’une relation amoureuse s’impose la raison : idéalement, une grossesse est l’expression d’un amour conjugué entre deux personnes qui, en toute responsabilité, cogitent au finish pour un plein épanouissement et un avenir meilleur à leur futur bébé. L’on passe ainsi des émotions, des sentiments ou de la subjectivité vers l’objectivité… Je suis tenté de vous parler de ma vision sur le « bon usage de l’amour »…Un sujet très passionnant. Certainement, à la prochaine occasion. Certes, je me soumets et me plie facilement face à la raison et la vérité… d’où qu’elles émanent. Et je suis très accroc aux esprits éclairés, aux personnes dégageant d’intenses rayonnements d’intelligence et de sagesse : des savants, des créateurs, des inventeurs, des professeurs, des pasteurs ou ministres de culte, des  acteurs politiques, des hommes d’affaires, des diplomates, des officiers supérieurs de l’armée ou de la police, les journalistes, etc.

Mais, dans la vie, il y a aussi une catégorie de personnes que vous évitez ou détestez?

Personnellement, j’ai horreur de méchantes gens qui, pour se consoler de leurs situations chancelantes ou leurs vies passées indignes et déplorables, émettent de fausses déclarations et de gratuites accusations sur des hommes sérieux, travailleurs imperturbables et généreux. Elles manquent souvent le courage et l’honnêteté d’assumer les conséquences de leurs actes et choix du passé. Curieusement, elles s’emploient facilement voire à l’emporte-pièce, souvent au nom de Dieu ou de Jésus-Christ, à prédire ou souhaiter les malheurs et les souffrances à charge d’innocentes personnes comme moi, tout en oubliant que tout le monde est mortel, tout le monde est vulnérable! Généralement, face à l’imprévisibilité des événements de la vie, ces méchantes gens se passent pour proie en premier. Ironie du sort! Leur mode de vie, c’est la solidarité négative et stérile, à long terme. Elles sont facilement rattrapées par la force du temps et de la nature. Un adage dit : « le temps, c’est le meilleur allié de la vérité ».

 "Voilà que les idées de Mark Zukenberg, jeune patron de Facebook et Whatsapp, et Bill gates, initiateur de Microsoft, dominent la vie individuelle et intime à l’échelle planétaire"

Vous craignez donc ces méchantes gens…qui sont malheureusement majoritaires au monde?

Pas du tout. Je ne crains pas une majorité ignorante que je ne sais que respecter et considérer. Je ne fléchis jamais par rapport à elle. Je l’affronte bec et ongles, tout en me protégeant subtilement de la contamination à sa maladie chronique : la carence de la lumière, de bon sens, de meilleurs sentiments, de la raison et de la vérité. Au fil du temps, j'ai pu faire changer plus d’un de fusil d’épaule. Par contre, j’ai un faible pour cette infime minorité de créateurs, d’inventeurs, de savants qui modèlent durablement la vie et les activités de l’humanité par l’intensité du rayonnement de leurs intelligences et de leurs pensées.

Je ne crains pas et je ne regretterai jamais de faire partie un jour de cette minorité positive. Pas du tout. Incontestablement et à mieux voir, c’est une infime minorité qui dirige le monde. La majorité des humains est généralement jouisseuse de bienfaits de la minorité créatrice. Depuis la période antique, ce sont les inventeurs et les créateurs qui modèlent et oriente le monde. Même la démocratie qui est, par définition, le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, est l’œuvre d’une seule personne réfléchissant dans un minuscule espace de sa maison. Ainsi, les démocraties resteront pour longtemps soumises ou à la traine des esprits éclairés, des inventeurs et des créateurs qui modèlent la société mondiale et dictent la marche de l’humanité et des entreprises contemporaines. Voilà que les idées de Mark Zukenberg, jeune patron de Facebook et Whatsapp, et Bill Gates, initiateur de Microsoft, dominent la vie individuelle et intime à l’échelle planétaire.

"Lubatshi, en termes plus explicites, veut dire un homme responsable, plein d’autorité, persévérant, celui qui n’abandonne pas, le résistant, une personne qui sait se battre pour se faire de la place dans la société. Je suis tenté de croire à une incarnation homonymique…"

Voilà, grosso modo,  les motifs pour lesquels, je reste un homme droit dans mes bottes, motivé constamment par la raison, la vérité, l’objectivité et l’honnêteté qui me suffisent bien dans l’accomplissent  de mon destin. Et, je m’échapperai toujours des pièges de méchantes gens du simple fait que je suis fortement ancré dans des valeurs. Je ne dis pas que je suis parfait. Mais l’univers de la perfection est ma préférence première.

Après avoir séjournée en Afrique, en Amérique, en Europe, les trois continents les plus en interactions historiques, socioculturelles et politiques, notamment en fréquentant de prestigieuses universités, telles que l’Université de Kinshasa, l’Université libre de Bruxelles et l’Université du Québec à Montréal, vous avez certainement tissé beaucoup d’amitiés…

Effectivement, à travers le monde, j’ai rencontré beaucoup de personnes dans ma vie et dans des domaines différents. Aujourd’hui, les grands bassins de retrouvailles, de rencontres et de consolidation ou refroidissement des amitiés, c’est Facebook et son appendice Whatsapp. Ces réseaux sociaux constituent aussi le cadre de mesure du niveau d’indifférence, d’égoïsme, de malhonnêteté et d’hypocrisie atteint par certaines personnes ou catégories sociales.

Personnellement, je compte quelque 2000 amis sur Facebook et Whatsapp. Mais mes admirateurs, mes incorruptibles fans ou adeptes et mes potentiels électeurs sont ailleurs, en milliers, incontestablement : ma page publique Facebook compte plus de 17000 abonnés.  Ces admirateurs, fans et adeptes, je les rencontre en Afrique, en Europe, en Amérique, notamment en RD Congo : ils me disent spontanément de gentils mots que beaucoup d’amis sur Facebook ne savent facilement me dire. Bien sûr, Il y a des amis Facebook qui sont très fidèles et sincères dans leur relation avec moi. J’en suis reconnaissant.

À travers le monde, j’ai aussi pris des milliers de photos avec des gens qui me rencontraient pour une première fois. Ces personnes ont été émerveillées soit par mes interventions publiques en leur faveur, soit par mes gestes de générosité et actions de charme diverses, par ma tenue vestimentaire, aussi : j’ai reçu et réciproqué sincèrement des milliers de compliments et "j’ai fait pirouetter des têtes par l’élégance de ma présence physique", comme m'avait signifié un quidam à Toronto se faisant photographier avec moi... Je dois vous faire savoir que la meilleure façon de faire la paix et la joie avec un monde inconnu, c’est d’abord de bien se présenter physiquement : bien s’habiller, produire des sons ou des paroles agréables à l’oreille, dégager de bonnes odeurs susceptibles d’engendrer l’effet « toucher invisible » qui se traduit quelques fois en chair de poule.  J’aime ses millions de personnes sincères et sûres qui effacent les débuts de ride sur mon visage et m’éloignent davantage de la vieillesse. J’ai toujours aimé cette belle population dont je ne connais pas l’adresse et, pour certains, ne pratique pas leurs langues. Je les respecte sincèrement.  Je les défends et les défendrai visiblement ou invisiblement, sans ménagement. C’est l’image en miniature de ma vision sur l’humanité et sur ma citoyenneté mondiale.

En opposition, les difficultés et les attitudes jalouses entretenues des fois pas la solidarité négative de certaines personnes ont beaucoup contribué à ma personnalité et à mon épanouissement. Les mauvais coups des amis, frères et connaissances ont tous été transformés en opportunité de booster mon intelligence et à forger de beaux reflexes dans la vie...Me combattre, c’est me pousser dans l’action, dans la création et dans l’invention : jusque-là, la nature des choses a toujours avantagé mon esprit.  

Pour votre gouverne, je m’appelle authentiquement Kazadi Lubatshi. Cependant, l’appellation d’avant-garde c’est Lubatshi, du nom de mon arrière-grand-père : une personne éveillée, combattante et très engagée. Lubatshi, en termes plus explicites, veut dire un homme responsable, plein d’autorité, persévérant, celui qui n’abandonne pas, le résistant, une personne qui sait se battre pour se faire de la place dans la société. Je suis tenté de croire à une incarnation homonymique…

"« Cent Tambours Mille Trompettes » agit depuis plus de 20 ans aux côtés des personnes vulnérables, des personnes marginalisées, des sans-voix"

Et c’est dans cet esprit que vous avez fondé "Cent Tambours Mille Trompettes"?  

« Cent Tambours Mille Trompettes » a été créée en novembre 1997 à l’Université de Kinshasa qui, fondamentalement, est un haut lieu de contestation républicaine et de vigilance citoyenne. À cette aventure étaient associés au départ, mes amis de la promotion supérieure Kozias Ekila et  Lakubu Laeticia ainsi que le professeur Fidèle Petelo Nginamau Ne-Tava, actuel vice-doyen à la recherche scientifique à la Faculté des Lettres de l’Université de Luanda, en Angola. Comme vous le savez bien, l’expression française c’est « Sans tambour ni trompette », une locution adverbiale qui veut dire "sans avertir quiconque, sans se faire remarquer, sans bruit, en secret. Bien au contraire, nous avons besoin de "cent tambours et de mille trompettes" pour faire beaucoup de bruits, pour dénoncer les mauvaises mœurs, des pratiques contraires à l’éthique à l’Université. Avec « Cent Tambours Mille Trompettes », nous voudrons participer à l’éradication des antivaleurs, à la correction et la purification des mœurs dans la vie communautaire, du cadre local à l’échelle mondiale.

Aujourd’hui, au Canada, « Cent Tambours Mille Trompettes » (CTMT) est un site de traitement et de diffusion d’informations internationales, d’abord, et un instrument de valorisation et de promotion du leadership des jeunes de l’Afrique et du monde, ensuite. C’est un  jeune organe de diffusion de l’information qui, au Canada, s’attribue entre autres défis, celui de permettre à la jeunesse immigrante de s’affirmer, se repositionner, repenser son action, parfaire sa vision d’une société meilleure et se fixer de nouveaux et réalistes objectifs…en faveur de la communauté mondiale ou du genre humain.

« Cent Tambours Mille Trompettes » et son titre éditorial « Le Nouvel Afrik'1 » constituent également une recette médiatique arc-en-ciel et une chance pour l’économie des connaissances, l’immigration réussie, le développement durable et multisectoriel de l’Afrique et du monde entier. À travers cet organe, nous encourageons spécialement les jeunes à jouer un rôle de premier plan dans le respect des valeurs morales et éthiques pour devenir des modèles sûrs aux yeux des générations futures. Nous nous employons à aider les jeunes à s’affirmer, à agir plus au centre et à contribuer efficacement dans la recherche des voies et moyens en vue de garantir la paix, la stabilité, la reconstruction, le développement et un bonheur à partager largement avec les autres peuples et nations du monde.

"Je note particulièrement quelques ratées, incohérences et insuffisances de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui n’a pas pu rapidement organiser une riposte collective assortie de quelques variables, selon le pays. Le baromètre de l’OMS est plus alarmant qu’exploratoire en opérations de terrain"

Depuis avril 2014, le site web d’informations "Cent Tambours Mille Trompettes", sous son titre éditorial « Le Nouvel Afrik’1 », a fait de grands progrès. Par son équipe composée de chevronnés chercheurs, de personnes compétentes, scientifiques avérées, techniciennes de l’information de terrain et avisées de la vie économique, socioculturelle et politique (aux plans local, national et international), le site web d’informations "Cent Tambours Mille Trompettes" a apporté une valeur ajoutée dans son domaine d’activité et à l’avantage du public francophone, multiculturel et international, notamment la jeunesse africaine : plus de 100.000 lecteurs francophones à travers le monde et plus 10.000.000 de visites et commentaires par ses pages Facebook associées.

Au-delà de lutter contre les antivaleurs, « Cent Tambours Mille Trompettes » s’engage farouchement contre des personnes malhonnêtes qui constituent des systèmes d’exploitation de l’homme par l’homme ou des associations de malfaiteurs, des fois au nom de Dieu, afin de berner les faibles en esprit, de les dominer et de les garder en état de servitude moderne, sans une seule perspective de progrès ou d’épanouissement en leur faveur.  Ces criminels retardent, détruisent durablement et profondément la vie de leurs proies. C’est la raison pour laquelle, « Cent Tambours Mille Trompettes » agit depuis plus de 20 ans aux côtés des personnes vulnérables, des personnes marginalisées, des sans voix. « Cent Tambours Mille Trompettes » Nous sommes pour la majorité honnête, douce et accommodante et contre des personnes agressives et destructrices de la société, des vendeurs d’illusions.

N’est-ce pas qu’il y a aussi une vague de vendeurs d’illusions à l’échelle planétaire face à la crise sanitaire à la Covid-19….

Comme pour toutes les maladies existantes, la crise sanitaire à la Covid-19 a occasionné aussi la pullulation de nombreuses recettes de la grand-mère à travers le monde. Beaucoup de charlatans en ont également profité pour tirer financièrement profit, notamment dans les pays en développement. Heureusement, sous l’impulsion des gouvernements, les scientifiques ont pu systématiquement identifier les symptômes, les modes de contamination et ont rigoureusement tracé des pistes préventives et thérapeutiques durables, en dépit des millions de morts déplorés à travers le monde en moins de 9 mois. Aujourd’hui la stricte observance des mesures barrières a quelque peu renversé les tendances en faveur de la maîtrise et de l’éradication de cette pandémie dont les origines demeurent encore controversées voire inconnues. Je note particulièrement quelques ratées, incohérences et insuffisances de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui n’a pas pu rapidement organiser une riposte collective assortie de quelques variables, selon le pays. Le baromètre de l’OMS est plus alarmant qu’exploratoire en opérations de terrain.

"Malgré leur situation précaire, d’invisibilité et d’illisibilité de leur futur statut dans la société canadienne, des demandeurs d'asile ont héroïquement avoisiné au quotidien les personnes atteintes de Covid-19, afin de les éloigner du néant et de la mort, de les tirer de la triste atmosphère de fin du monde"

Par ailleurs, contre toute attente, cette crise a également fait ses émules et ses révélations en matière de la fraternité et de la solidarité internationale. Au Québec, par exemple, malgré leur situation précaire, d’invisibilité et d’illisibilité de leur futur statut dans la société canadienne, des demandeurs d'asile ont héroïquement avoisiné au quotidien les personnes atteintes de Covid-19, afin de les éloigner du néant et de la mort, de les tirer de la triste atmosphère de fin du monde. Ces demandeurs d’asiles sont aujourd’hui appelés des « Anges gardiens », des travailleurs de santé qui ont soigné et soignent encore en regardant avec les yeux du cœur les personnes contaminées à la Covid-19. Je salue personnellement la mesure temporaire du gouvernement fédéral du Canada d’accorder, sous certaines conditions d’admissibilités, la résidence permanente à ces « Anges gardiens ».

 "La coalition FCC-CACH nous permet de découvrir aujourd'hui les excès de la petitesse et de la médiocrité de la classe politique congolaise"

Rendons-nous maintenant en RD Congo, votre pays d’origine. Un petit mot sur la situation politique du moment, notamment la coalition FCC-CACH?

D’un point de vue analytique, en dehors du pouvoir, la coalition FCC-CACH, sous forme de deal entre Joseph Kabila-Félix Tshisekedi, est contre nature. Mais, surtout, un gravissime abus de popularité sociologique à charge de Félix Tshisekedi, jusque-là incarnation ratée du défunt Etienne Tshisekedi. Félix Tshisekedi était capable de tout devenir sans recourir à une quelconque alliance avec Joseph Kabila, supposé détenteur de l’impérium et des caisses de l’État. Cette alliance est une parenthèse ouverte et cauchemardesque de l’histoire politique de la RD Congo. Ainsi, tous les congolais doivent s’impliquer pour l’accomplissement d’une véritable alternance en RD Congo, afin de fermer rapidement et définitivement cette parenthèse odieuse de la vie politique de notre pays. Par ailleurs, il se pourrait que le président Félix Tshisekedi eût déjà arrêté une stratégie surnaturelle pour soit réaliser son programme de gouvernance en coalition avec Joseph Kabila soit pour conquérir la totalité de l’impérium…l’avenir nous le dira. Personnellement, je compte sur la majorité sociologique indispensable qui constitue l’épicentre de la souveraineté. Tout peuple finit toujours par sanctionner les responsables de sa misère noire et de son extrême pauvreté. Et la coalition FCC-CACH nous permet de découvrir aujourd'hui les excès de la petitesse et de la médiocrité de la classe politique congolaise. En perte dramatique de repères éthiques, les acteurs politiques n'ont aucune honte de faire des choix politiques, des déclarations et des affirmations qui ne résistent pas à l'épreuve du temps. Des choix politiques, déclarations et affirmations qui, en fin de compte, les rendront ridicules vis-à-vis des générations futures.

"Le président Félix Tshisekedi n’est pas mon ennemi. Simplement, ma meilleure facon de l’aimer et de le soutenir comme frère et beau-frère par alliance, c’est de ne pas l’appuyer ou de m’opposer à lui dans tout ce qu’il entreprend en coalition avec Joseph Kabila"

Incontestablement, la classe politique est responsable de la situation chaotique qui prévaut au pays, depuis 60 ans. J’ai la nette satisfaction que le fait de n’avoir jamais participé à la gouvernance institutionnelle en RD Congo me donne largement l’avantage de solliciter une réservation de place aux cieux, à droite de Dieu le Père….Comprenne qui pourra

Mais nous avons appris que Lina Muvaro est votre nièce. Celle-ci est aussi à la fois nièce, filleule et assistante du président Félix Tshisekedi. Indirectement ou par alliance, vous avez des liens familiaux avec le président Félix Tshisekedi. Pourquoi, au lieu de le soutenir, vous préférez vous opposer à sa coalition avec le FCC de Joseph Kabila?

Écoutez, Pas de confusion, s'il vous plaît. Ici, il s'agit d'une question d'intérêt national. C'est mon sens patriotique qui est en jeu. Je mets à l'avant-plan mon esprit citoyen et républicain. C'est clair comme l'eau de la source que je suis contre et loin de la coalition au pouvoir en RD Congo. Pour Lina Muvaro, - qui est, comme vous l’avez bien souligné, non seulement assistance du président Félix Tshisekedi mais aussi sa nièce et sa filleule - je reste père, selon la tradition africaine, et oncle, suivant la généalogie moderne. Vous comprendrez facilement que le président Félix Tshisekedi est un beau-frère par alliance. Je l’avais rencontré fraternellement à Montréal, au restaurant « Le Bâton rouge », dans le complexe Desjardins Place des Arts quelques mois avant les élections du 30 décembre 2018. Le président Félix Tshisekedi n’est pas mon ennemi. Simplement, ma meilleure facon de l’aimer et de le soutenir comme frère et beau-frère par alliance, c’est de ne pas l’appuyer ou de m’opposer à lui dans tout ce qu’il entreprend en coalition avec Joseph Kabila. Je compte, d’ailleurs beaucoup d’amis et connaissances autour du président Félix Tshisekedi dont Eberande, actuel directeur du cabinet intérimaire, Bestine Kazadi, conseiller à la coopération internationale, maître Tété Kabwa, proche collaborateur en matière de sécurité. Au cours de l’année académique 1999-2000, ce dernier avait travaillé dans le gouvernement des étudiants de l’Université avec moi, sous la présidence du camarade Alain Daniel Shekomba. J’assumais les fonctions de ministre de l’information et porte-parole du gouvernement des étudiants dont Tete Kabwa était ministre de l’intérieur. J’ai collaboré avec maitre Tete Kabwa sur plus d’un dossier de grande importance collective ou personnelle. Mais, pour l’instant, je me porte encore comme un charme dans l’opposition constructive et républicaine face au pouvoir actuel en RD Congo.

"Tout au long de ma vie, je n’ai jamais utilisé un seul texto en ciluba pour obtenir un traitement ou une décision de faveur, un avantage, une libéralité, un privilège. J’imagine d’autres stratégies plus rentables que le tribalisme, pour me faire aimer, intégrer une communauté ou aller de l’avant"

Ces derniers temps, à travers la RD Congo. l'on parle de plus en plus de la tribu du président Félix tshisekedi. Quel jugement portez-vous sur l'homme Luba-Kasaï aujourd'hui?

Je sais fondamentalement que la perfection relève du domaine divin. Aucun homme n’est parfait, aucune société n’est également parfaite. Cependant, chaque société s’organise, cogite et s’active au quotidien pour tendre vers  la perfection. Partant de mes sources, je suis un kasaïen authentique attaché intimement aux valeurs, à l’éthique luba. Personnellement, je n’ai aucune expertise en import-export des antivaleurs. Un des livres du professeur Kambayi Bwatshia, intitulé « le citancisme » au cœur de l'évolution de la société luba-Kasaï (sens et non-sens d'une mentalité) illustre éloquemment l’homme luba-Kasaï.  Bien que souvent loquace à la mesure de ses précieuses connaissances et de son exceptionnel savoir, un vrai et authentique luba non seulement donne sans calcul et sans littérature, mais surtout donne généralement en premier de l’argent ou un cadeau, lorsqu’il est dans une relation amicale, fraternelle ou amoureuse, sans attendre un service ou une offre au retour. Il distribue des libéralités simplement pour l’honneur, la dignité, le plaisir de partager sa joie, son bonheur, sa richesse, son savoir-être et ses meilleurs sentiments avec les autres, ses prochains ou ses semblables. Un vrai et authentique Kasaïen ne peut sponsoriser le culte et la culture du vol et des mensonges. Et, dans cette généreuse société, l’orphelin est parmi la catégorie des personnes les plus averties, du simple fait de la richesse de la tradition orale : un célèbre proverbe luba revient sur le fait que, placé à l’écart, l’orphelin est plus attentif pendant que les parents conseillent leurs propres enfants. Généralement, la plupart des orphelins réussissent et sont plus stables dans la vie que les « durablement » adorables  filles et fils à maman et à papa. Certes, les valeurs de la société luba m’ont permis de rester constamment à la recherche de la perfection et de vite acquérir la citoyenneté mondiale.

Par ailleurs, j’ai aussi bien acquis et promu l’unité nationale prêchée par Mobutu. Tout au long de ma vie, je n’ai jamais utilisé un seul texto en ciluba pour obtenir un traitement ou une décision de faveur, un avantage, une libéralité, un privilège. J’imagine d’autres stratégies plus rentables que le tribalisme, pour me faire aimer, intégrer une communauté ou aller de l’avant. Personnellement, quand j’arrive dans une communauté ou une famille étrangère, j’y multiplie mes devoirs et soustrais considérablement mes droits : exemple, je suis le dernier à aller me coucher et le premier à me réveiller pour le début d’accomplissement des tâches de la journée. Je sais jouer à la fois au couche-tard et au lève-tôt. Bref, j’excelle par la qualité de mon travail, de mes créations et de mes idées.

"Je me souviens aussi avoir fait changer l’emballage du lait Kerrygold en faisant baisser sensiblement son prix partout en RD Congo, en janvier 2008"

Qu’avez-vous fait concrètement en faveur du peuple congolais?

A vrai dire, je suis né avec deux mains largement ouvertes à pour donner, d’abord, et recevoir, ensuite. J’ai une passion immodérée de toujours mieux servir mes prochains et mes semblables, à tous les niveaux. Je suis plus à l’aise avec des personnes de grande probité morale et honnêtes en âme et conscience non discriminatoires.

Concrètement, j’ai commencé à travailler bénévolement le peuple congolais depuis le bas âge, notamment en tant que syndicat scolaire et étudiant : j’ai été, tour à tour, commandant de l’école aux niveaux primaire et secondaire pour des centaines d’élèves, porte-parole et responsable de l’information de plus de 30.000 étudiants de l’université de Kinshasa. J’ai aussi été, avec titre de président du conseil d’administration, président élu de l’Association des étudiants de Maîtrise et de Doctorat en Communication de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) pour l’année académique 2017-2018. Je suis fier que ce soit lors de mon mandat qu’a eu lieu une des plus  grandes assemblées générales de l’histoire de cette association syndicale étudiante, en nombre de participants. Modestie oblige!

Dans un cadre plus vaste, national et international, j’ai deux œuvres à mon actif.

Primo, par mon ouvrage « aventures et méformes monétaires en RD Congo » (novembre 2003) dont – loin des arguments du genre « politique politicienne » un argument technique sur la planification et l’aménagement linguistiques, j’ai ardemment milité pour la promotion équilibrée de toutes les quatre langues nationales de la RD Congo aux côtés du français, langue officielle.  Mon argumentaire a eu gain de cause en 2010, lors de la célébration du 50ème anniversaire de l’indépendance du pays : au lieu de trois langues (swahili, français et anglais - qui n’avait pas fait l’objet d’une planification et d’un aménagement linguistique) sur la monnaie nationale, - comme au lancement du franc congolais au 30 juin 1998 - les nouveaux billets du cinquantenaire comporte le français, langue officielle, et toutes les quatre langues nationales (ciluba, kikongo, lingala et swahili). C’est une victoire importante pour moi, quelques acteurs de la classe politique et de la société civile.

Secundo, je me souviens aussi avoir fait changer l’emballage du lait Kerrygold en faisant baisser sensiblement son prix partout en RD Congo, en janvier 2008, après la découverte de quelques anomalies dans la présentation de ce produit conditionné, distribué et consommé à travers tout le pays. Défendus par le cabinet « Lukombe et associés », les responsable de Mafricom, importateur de la marque Kerrygold, avaient respecté à la lettre mes recommandations formulées lors des négociations. J’ai appris aux dernières nouvelles que le lait Kerrygold n’est plus distribué au pays. L’entreprise Mafricom conditionne et distribue présentement le lait de marque « Momo ».

Le fait d’avoir contribué à l’ajustement du contenu linguistique du franc congolais, notre monnaie nationale et un de nos attributs de souveraineté, d’une part, et fait changer l’emballage et baisser le prix du lait Kerrygold sur l’ensemble du marché congolais, d’autre part, constitue un grand honneur pour moi et une forme de réhabilitation du peuple congolais, au plan linguistique et socioéconomique. De telles actions en faveur des millions de personnes sont susceptibles de me frayer, au moment voulu, un passage fluide vers le paradis…Rires!

"Il y a de nombreux pasteurs ou ministres de culte qui prétendent, au nom de Dieu, régler tous les problèmes de leurs adeptes au point d’embrigader ou de soumettre ces derniers à un régime complet de servitude socioéconomique , mentale et spirituelle"

Actuellement beaucoup de pasteurs congolais sont indexés pour méconduite et sont au banc des accusés…sur place en RD Congo comme à l’étranger. Quel commentaire faites-vous sur les abus fréquents dans le cadre pastoral?

Effectivement, il y a de plus en plus de gens qui s’approprient Dieu au détriment des autres. Pire, il existe à ce jour de prétentieuses et méchantes personnes qui s’approprient Dieu en L’opposant à leurs semblables. Écoutez, quand Dieu avait créé le monde, il n’y avait pas de problème. En principe, sans problème au monde, l’homme n’aurait eu comme obligation fondamentale que de fonder sa foi en Dieu, en vue de merveilleux jours sur terre et dans l’au-delà. Ce sont des êtres vivants, des hommes qui sont sources des problèmes. À mon humble avis, pour chaque problème qui préoccupe les humains, il faut d’abord procéder à une approche humaine ou sociale dans la recherche des solutions idiomes. Car tous les péchés au monde résultent de rapport entre les humains. Ce n’est pas par hasard que le Bon Dieu a doté chaque homme d’un cerveau. Cependant, lorsque, après moult tentatives, les hommes n’arrivent toujours pas à résoudre leurs problèmes, ils peuvent, dans ce cas, tourner leurs yeux et oreilles vers le Très Haut, Dieu Tout-Puissant.

Aujourd’hui, il y a de nombreux pasteurs ou ministres de culte qui prétendent, au nom de Dieu, régler tous les problèmes de leurs adeptes au point d’embrigader ou de soumettre ces derniers à un régime complet de servitude socioéconomique, mentale et spirituelle. Curieusement, ces prétendants « envoyés » extraordinaires et plénipotentiaires de Dieu n’arrivent même pas à résoudre de minuscules problèmes dans leurs propres familles ou foyers. Bon nombre de pasteurs divisent plus qu’ils rassemblent. Pourtant, il y a des problèmes qui peuvent être réglés socialement, entre les hommes, par des mécanismes visibles ou matériels, d’abord; puis, par les cures ou pratiques spirituelles, conformément aux Saintes-écritures, ensuite. Aux familles, leurs affaires spécifiques, aux pasteurs ou chefs spirituels, les affaires de l’esprit. Aujourd’hui, j’observe avec une grande amertume un nouveau type de totalitarisme caractérisé par la concentration, la centralisation de tous les problèmes de la vie autour de la personne du pasteur. Là découle d’innombrables abus déplorés aujourd’hui, à charge de l’autorité pastorale. Gravissime, certains pasteurs remplacent plus que totalement les familles dans leur rôle inaliénable et traditionnel de représentant légal des futurs mariés et d’organisateur de la cérémonie de mariage.

Par ailleurs, à travers le monde, en Afrique comme en RD Congo, il existe encore d’excellents pasteurs et d’exemplaires gardiens de brebis - dotés d’une grande probité morale - qui reconnaissent leur limite dans la société et soutiennent en permanence les gouvernements dans la recherche et le maintien de la paix sociale et de l’unité ainsi que dans l’éducation civique et morale des populations.

"Au Québec, les responsables des entreprises ou des services publics ou privés sont également des hommes ou des femmes à tout faire, des agents ou agentes de terrain: ils sont prêts à servir en tout temps et en tout point de l'entreprise ou du service. Ils ont toujours leurs manches pliées, autant de fois possible, pour chercher à combler le vide dans tous les postes ou niveaux de services en difficulté ou faisant face à l'achalandage"

Avez-vous un petit mot sur le Québec et le Canada, votre province et votre pays d’accueil?

Au Québec, au travail, à l’université,  au métro, dans l’autobus, à l’hôpital, au restaurant, j’ai rencontré des hommes et des femmes exceptionnels.  Les Québécoises et Québécois sont de respectueuses et respectables personnes qui, avec une rare spontanéité, offrent leurs attitudes de solidarité et leurs services à tout le monde, en tout temps et en tout lieu. Cela est visible, notamment à toute occasion de détresse ou de malheur: « voulez-vous de l’aide? », « en quoi je peux vous être utile »… des leitmotivs du quotidien chez les héritiers collectifs de l’œuvre de Samuel Champlain. Les québécois et québécois sont aussi simples : même s’ils sont hauts fonctionnaires du Québec et taillés à quatre épingles, ils courent plus vite qu’aux Jeux olympiques pour rattraper, comme tout citoyen lamda, l’autobus ou le métro en embarquement. Toujours tirés à quatre épingles, ils se glissent aussi facilement que les chats sous le châssis pour dépanner gratuitement les autos des inconnus mal pris, de toutes les origines, de toutes les couleurs. Quoi de plus remarquable: Au Québec, les responsables des entreprises ou des services publics ou privés sont également des hommes ou des femmes à tout faire, des agents ou agentes de terrain: ils sont prêts à servir en tout temps et en tout point de l'entreprise ou du service. Ils ont toujours leurs manches pliées, autant de fois possible, pour chercher à combler le vide dans tous les postes ou niveaux de services en difficulté ou faisant face à l'achalandage. Il arrive des fois que certains visiteurs soient servis par un président directeur général ou une présidente directrice générale, en toute discrétion et en grande simplicité, à la réception ou au parking public de l'entreprise. Des exemples à suivre....

Au Canada, autant l’autorité publique est grandement présente, autant la liberté de culte, de mode, de gastronomie sont respectées et protégées. Face à l’étranger, le Canadien actuel est très rapide à tisser de l’amitié, à raviver la flamme de la fraternité et à rester largement ouvert aux autres cultures, aux autres populations du monde. Le Canada, c’est aussi l’épicentre mondial du partage égal et permanent de grands savoirs, des connaissances universelles, de la promotion des valeurs et de la démocratie contemporaine. Le Canada, c’est, enfin, le  respect strict des lois, des politiques et des règlements qui reflètent ou symbolisent les  volontés harmonieuses, les pensées sacrées et les idées éclairées des morts, des vivants et des générations futures. Je ne me suis donc pas trompé en choisissant le Canada et le Québec respectivement comme mon pays et ma province d’accueil.

"C’est à la deuxième occasion que j’avais pu relever ce défi personnel de fixer le regard perçant du léopard pendant près de 10 minutes. Cette fois-là, avec un regard d’une grande intensité de rayonnement, j’étais parvenu à faire baisser, au même moment, les yeux et la tête du léopard"

Une dernière question de curiosité pour finir. Admettons que vous envisagez un jour briguer un mandat public au Canada ou en RD Congo. Vous avez de bonnes idées. Mais seules les idées ne suffisent pas. Il faut du courage, même si vous croyez être en odeur de sainteté avec la majorité de la population.  N’auriez -vous pas peur de la foule?

Je n’aurais pas peur. Depuis plus de 20 ans, je suis immunisé contre la peur. Laissez-moi vous dévoiler la raison de cette assurance. À un moment donné, j’avais pris le goût et l’habitude d’aller, d’abord, au jardin Botanique où sont conservés de nombreux types de fleurs, symbole de l’amour et de la tendresse, puis  au jardin zoologique de Kinshasa, après environ une minute de marche. Sachant que j’avais la peur de certaines personnes et du public, j’avais décidé de mettre fin à ce sentiment défaitiste, en allant me poster devant la cage du léopard, croiser et braquer son regard tout seul, pendant que les autres visiteurs étaient ailleurs et s’intéressaient à autres choses : la majorité de visiteurs se regroupaient devant la cage ambiante des gorilles qui offrait de spectacles dignes d’un cirque. En face d’un léopard serein, mon exercice était de darder avec une grande intensité son regard perçant et attendre qu’il le baisse au même moment que sa tête. Pas aisé, comme défi à relever. La première fois que je m’étais adonné cet exercice, après une concentration de près de 10 minutes sur le regard éclatant du léopard, j’avais l’impression de me retrouver esseulé en face d’un léopard libre de ses mouvements et de ses préférences de chasse dans la forêt. Toute la structure métallique de gros calibre de sa cage m’était invisible. J’avais baissé mon regard en quittant sans tarder le lieu. Sincèrement, j’avais pris la poudre d’escampette. C’est à la deuxième occasion que j’avais pu relever ce défi personnel de fixer le regard perçant du léopard pendant près de 10 minutes. Cette fois-là, avec un regard d’une grande intensité de rayonnement, j’étais parvenu à faire baisser, au même moment, les yeux et la tête du léopard. Depuis ce jour-là, j’étais vacciné contre la frousse, la peur de mes semblables, de la foule.  Malgré tout, la peur fait partie de notre environnement de tous les jours.

Merci d’avoir répondu à nos questions

C'est moi qui vous remercie, Monsieur!

 

Propos recueillis par Nathan Mandefu

 

 

 


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