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Sous le projecteur

Éducation en RD Congo

Évaluation des acquis des enseignements en République Démocratique du Congo : Les conséquences sur la compétitivité internationale

Les spécialistes de l’évaluation des acquis des enseignements au primaire, secondaire et universitaire estiment que les notes obtenues par un apprenant sont la seule mesure objective qui résume le portrait global d’un étudiant; ils s’accordent également sur le fait que cette mesure sommaire n’est qu’un des aspects pour rendre compte de la valeur réelle d’un apprenant.

En effet, l’apprentissage dans une matière est un processus progressif et cumulatif, dont les conditions varient d’une séance à une autre. L’évaluation résultant de ce processus peut être biaisée par certaines circonstances (e.g., santé physique, mentale, et psychologique de l’apprenant au moment de l’évaluation). Si ces circonstances ne sont pas prises en compte dès le départ, l’évaluation en sort biaisée au détriment de l’étudiant.

Un autre facteur pouvant substantiellement biaiser l’évaluation d’une matière s’avère être le volume de son contenu. Nous conviendrons que les matières à l’intérieur d’une discipline comportent des volumes et des difficultés différents. Les unes étant squelettiques, alors que certaines autres matières sont en forme des briques[1]. Si l’enseignant n’adapte pas son évaluation sur le contenu de son cours, les étudiants vont certainement en pâtir. Pour illustrer cela, considérons deux cours A et B ayant des syllabus de 50 pages et 500 pages respectivement. Toutes choses égales par ailleurs, la probabilité d’obtenir une bonne note, si l’évaluation porte sur un seul examen/travail, est 10 fois plus élevée dans le cours A que dans le cours B.

Par ailleurs, l’attitude et le comportement de l’enseignant jouent un rôle important dans l’assimilation des contenus des cours et leurs évaluations. Cet aspect est souvent ignoré sous prétexte que l’apprenant est seul responsable de son sort. Si cette hypothèse était vraie, il faudrait alors remonter dans l’histoire de l’enseignement pour comprendre pourquoi un « illuminé » devrait conduire ceux qui seraient encore dans les ténèbres. C’est cela même le rôle d’un enseignant, d’un éclaireur. Ce dernier est avant tout responsable de l’assimilation des contenus, qu’il traduit en faits ou importance dans la vie courante; en même temps, il est responsable de l’évaluation des contenus, en restant fidèle aux objectifs qu’il s’est fixé dans son enseignement dans les limites du temps et en adhérant aux exigences de l’Alma Mater. Il n’est pas possible de prétendre couvrir l’entièreté d’une discipline dans le cadre d’un cours. L’enseignant donne aux apprenants les grandes orientations; ceux-ci les utilisent comme la base des approfondissements qu’ils pourraient mener ultérieurement dans le cadre des travaux de recherche. 

 

Les spécialistes de la pédagogie ailleurs dans le monde ont déjà apprivoisé ces questionnements. En se focalisant sur les objectifs fixés, les enseignants déterminent, par rapport au niveau scolaire/académique des apprenants, les compétences qu’ils veulent développer chez leurs élèves/étudiants. De cette manière, il devient plus ou moins aisé, quel que soit le volume de la matière concernée, de suivre l’évolution des élèves/étudiants.

 

Tableau 1

Disciplines Compétences à évaluer
Mathématiques
  • Résoudre une situation-problème
  • Déployer un raisonnement mathématique
  • Communiquer à l’aide du langage mathématique
Science et Technologie
  • Chercher des réponses ou des solutions à des problèmes d’ordre scientifique ou technologique
  • Mettre à profit ses connaissances scientifiques ou technologiques
  • Communiquer à l’aide des langages utilisés en science et technologie

Source : Échelle des niveaux de compétence, MELS (Québec, Canada)

 

Évaluation des enseignants

Mon expérience personnelle [10 ans d’enseignements à l’école secondaire, deux ans comme Assistant d’enseignement à l’Université de Kinshasa, trois ans comme Analyste des données statistiques au Québec (Canada), une année comme Adjunct Professor (University of Ottawa, Ottawa, Canada)] m’a prouvé qu’aucun système d’enseignement n’est à l’abri des problèmes concernant le niveau des élèves/étudiants. J’ai grandi entre les mains d’un enseignant et directeur d’école primaire. Je peux affirmer sans risque d’être contredit que mon frère aîné aurait facilement le niveau d’universitaire si l’on s’en tient à la manipulation de la langue de Voltaire (Communication écrite, Compréhension de l’écrit, Communication orale; puisque ce sont les trois composantes qui sont évaluées). Mais en même temps, nous pourrions aussi nous poser la question suivante : « Comment préparons-nous nos élèves/étudiants à communiquer efficacement leurs idées ». Tirant les leçons de mes jeunes enfants (tous fréquentent actuellement les écoles primaires), je constate que les enseignants font des efforts considérables pour préparer, dès le bas âge, les élèves/étudiants à développer des compétences en communication écrite (rédaction sur certains sujets de base : qu’avez-vous fait le weekend? Où avait été durant les vacances?, etc.) et orale (développement de petits projets : les animaux au Canada, les poissons dans les eaux glaciales, etc.). Ces projets sont suivis d’une présentation publique dans des locaux apprêtés pour accueillir une audience variée. Les parents sont encouragés d’y participer pour soutenir leurs enfants dans leur développement cognitif/scolaire. Lorsque nous nous préparions aller en vacances en été 2013, mes enfants ont demandé chacun un carnet des vacances. (Ici, nous pourrions encore ouvrir une LONGUE parenthèse si l’on veut étudier/analyser l’implication des parents dans le cheminement scolaire de leurs enfants! Nous sommes nés et avons grandi dans un environnement où le rôle des parents se limite à payer les frais de scolarité, acheter les uniformes et les fournitures scolaires. Le reste revient UNIQUEMENT à l’école et aux enseignants.) 

Dans notre pays, il est courant que les enseignants se cachent derrière un prétexte « le niveau a baissé ». Oui, effectivement le niveau a baissé, c’est ce que j’illustrais plus haut en prenant l’exemple de mon frère. Néanmoins, il nous revient de questionner le rôle de l’enseignant. Si le rôle de ce dernier doit se résumer à débiter les exposés magistraux et donner des notes peu compétitives, je pense qu’il faille reconsidérer le rôle d’éclaireur qui est dévolu à l’enseignant.

Les enseignants doivent savoir valoriser leurs produits. Aucun entrepreneur ou manufacturier ne fabriquera un produit qui soit peu utile, peu compétitif sur un marché en proie à la concurrence. C’est d’ailleurs l’un des objectifs poursuivis par le marketing, qui consiste à valoriser son produit pour le présenter comme le meilleur parmi une gamme complexe des produits. De la sorte, il attirera la plus grande clientèle et engranger les plus grosses ventes, signe de la productivité et l’efficacité de l’organisation.

Les élèves/étudiants sont les produits des Alma Mater. Ils ne peuvent pas être vendus à un vil prix. C’est aux enseignants de les valoriser à travers la qualité des enseignements et les notes finales. Qui va valoriser les  produits de l’enseignement en RDC si le système d’enseignement les dévalorise ? Cette réflexion  ne doit pas être considérée comme une plaidoirie pour un nivellement vers le bas! Il est plutôt question de situer le problème dans une perspective internationale, étant donné que le monde est devenu un village planétaire.   

Dans cette vaste entreprise d’évaluation, les enseignants en RDC accepteront-ils d’être évalués par leurs étudiants? C’est en tout cas ce à quoi se prêtent les enseignants sous d’autres cieux! Vous évaluez, mais vous devez aussi accepter d’être évalué. Cet exercice permet aux enseignants d’identifier leurs zones d’imperfections qu’ils s’engagent d’améliorer au cours des prochaines années avant de bénéficier de la confiance de leur Alma Mater. Celle-ci peut simplement décider de terminer le contrat si elle estime qu’elle n’est pas satisfaite des améliorations de l’enseignant.

 

La recherche constante de la perfection et de la vérité incite dès lors les enseignants et enseignantes à s’interroger et réinterroger les techniques utilisées pour MOTIVER les apprenants. Il est clair par exemple que les difficultés d’assimilation chez les apprenants diffèrent d’une matière à une autre; d’un enseignant à un autre; d’un système éducatif à un autre. Certes il n’est pas toujours aisé d’effectuer des comparaisons qui ne soient pas biaisées. Mais dans un contexte aussi difficile qu’est celui de la RDC où l’accès au savoir à travers les bibliothèques et les TIC demeurent un luxe, les enseignants du primaire, secondaire et ceux de l’Université devraient être animés par un idéal : « Former des élèves/étudiants dont la valeur sur le marché local et international doit refléter les efforts qu’ils auraient consentis afin d’assurer à la RDC un avenir meilleur, dans un monde où la compétitivité, plus que le diplôme, est devenue un facteur essentiel». Dans ce contexte, enseigner devrait être, au-delà d’une simple profession, une question de responsabilité. Responsabilité scientifique et morale, mais aussi une responsabilité juridique et de société. Un élève mal formé (scientifiquement, moralement, culturellement) est pire qu’un paysan qui ne sait ni lire ni écrire.

Dans le prolongement de la responsabilité enseignante, il faudrait questionner le rôle que jouent les seniors (professeurs ordinaires et émérites) vis-à-vis des jeunes sortis fraîchement des universités occidentales et retournés au pays pour assurer la relève?

Sous d’autres cieux, les recrus au niveau de l’enseignement (primaire, secondaire, et universitaire) suivent des séminaires de formation avant l’entrée effective en fonction pour les préparer dans leur nouveau métier noble, celui de la transmission du savoir chez les élèves/étudiants. Les universités sont dotées des Centres de Pédagogie Universitaire (CPU) dont le rôle est 1) d’accompagner l’insertion des nouveaux professeurs à l’accomplissement de leurs tâches; 2) soutenir les enseignants dans leur travail au fil des années (ateliers de formation sur les nouvelles méthodes d’enseignement, utilisation de nouvelles techniques d’information et de communication dans la pédagogie universitaire, etc.); 3) élaboration des curricula; 4) mises au point des méthodes d’enseignement et d’évaluation qui soient les plus efficaces possibles.

Sur une durée de trois jours, l’Université d’Ottawa a organisée, en automne 2012, une formation intensive sur de multiples thèmes ayant trait à l’enseignement. La liste suivante n’est pas exhaustive :

Tableau 2

Thèmes

 

  • Enseigner à l’Université
  • Évaluation des enseignements
  • Innovations pédagogiques
  • Concevoir un cours : Stratégies efficaces
  • Salles de classe MultiMédias
  • Essentiels du Blackboard Learn
  • Soutien à la recherche à l’Université
  • Visite guidée sur le Campus

 

 

Les notes des élèves/étudiants

La principale question :Comment comparer des étudiants d’une même filière (Économie, Droit, Sciences sociales, Ingénierie, Médecine, Psychologie, Agronomie, Biologie, etc.) au sein d’un même groupe (1er graduat de Médecine par exemple) et entre différents groupes (1er graduats de Médecine de deux Universités différentes)

La réponse est complexe …

Pour ceux qui adorent les statistiques, la réponse à cette question consiste 1) à classer les étudiants selon les notes en utilisant la moyenne générale pondérée (du 1er au N); ou 2) à classer les étudiants selon les notes pour un cours donné, lorsqu’il s’agit des étudiants d’une même cohorte au sein d’une même université. Déjà à ce niveau, il y a un problème qu’on ignore suffisamment ici en R D Congo mais qui pourraient aider les étudiants R D Congolais à être mieux ÉVALUÉS au niveau international. Il s’agit de la moyenne générale de la classe. En utilisant cette moyenne, il est possible de classer un étudiant parmi les 5 1ers, 10 1ers, etc. Dans ce cas, on pourrait  poser l’hypothèse suivante : Quelle que soit la moyenne de l’étudiant, sa valeur pourrait être estimée selon SON RANG par rapport à l’ENSEMBLE DE SA COHORTE dans un contexte donné (ici, la RDC).    

Au niveau international, les choses sont certainement plus difficiles. Mais d’un point de vue statistique, il est possible de procéder à la comparaison des moyennes, en supposant les observations indépendantes. On pourrait aisément constater que la moyenne des étudiants d’une filière donnée d’une université X est plus élevée ou plus faible que ceux d’une université Y.

 

DIFFICULTÉ

Les spécialistes des évaluations des enseignements ne se rendent souvent pas compte que ces moyennes ne sont pas nécessairement COMPARABLES à cause de certains facteurs. Sans être exhaustifs, on peut citer à titre d’exemple : la taille des cohortes (le nombre d’étudiants dans la classe), l’accès à la bibliothèque (ou aux livres) et aux nouvelles technologies d’information et de communication. En tant que démographe, pour être comparable, les notes devraient être STANDARDISÉES, mais tout le problème : Comment trouver le standard entre deux systèmes d’éducation où les professeurs et les étudiants se comportent très différemment en termes de discipline et de respect mutuel, des règles d’éthique et de déontologie, l’accès aux impératifs d’une éducation équilibrée ne sont pas comparables, etc. Le problème reste entier pour les évaluateurs des connaissances dans les systèmes d’enseignement. Comme nos amis politologues étudient souvent les systèmes politiques comparés, les évaluateurs devraient commencer à penser, s’ils ne le font pas encore, aux systèmes éducatifs comparés.   

   

Université de Kinshasa

Comme je l’ai mentionné plus haut, des raisons tout aussi valables expliquent le faible rendement des élèves/étudiants dans notre pays. Je ne saurai les énumérer mieux que vous mais mentionnons tout de même :

  • le désengagement progressif des enseignants, consécutif au désengagement de l’État dans le financement des systèmes d’enseignement. Celui-ci est souvent expliqué, à tort ou à raison, par les crises économiques engendrées par l’effondrement des économies;
  • la privatisation tacite de l’enseignement primaire, secondaire, et universitaire. Ceci a eu pour conséquence la stratification des écoles (privées vs. publiques). En même temps, cette situation a entraîné une modification des taux de présence (ou d’absentéisme) dans les salles de classe; ceux-ci étant dorénavant conditionnés par le paiement des frais de scolarité. Selon certaines études statistiques, absentéisme et performance scolaire sont négativement corrélés. 

 

Revenons maintenant aux notes des élèves! Dans nos écoles et universités, nous pourrions facilement situer la norme des résultats aux examens finaux (Examens d’État et Examens de fin d’année dans les universités) à 5 sur 10. Il suffit d’observer les journaux de proclamation des Examens d’État lorsque tout Kinshasa vibre au rythme des Examens d’État. Tu as réussi avec combien? La réponse : KAMAR (une expression kinoise pour désigner 50%). Lorsque nous nous tournons du côté des universités, la plupart des étudiants passent de classe avec 50%; quelques-uns vont réussir avec 60%; et très rarement sont ceux qui réussissent avec 70% et plus. Même les employeurs sont assez sceptiques pour engager les étudiants « faibles » (à en juger par leurs résultats scolaires!). Je me rappelle qu’il y eut une année académique où tous les étudiants ayant terminé avec au moins 70% en Sciences Économiques de l’Université de Kinshasa avaient trouvé très rapidement du travail en ville alors que leurs homologues sciaient leurs souliers à la recherche d’un éventuel preneur. Ce que les anciens étudiants des sciences Éco avaient appelé à l’époque « DISTINCTION ESALI MAKAMBO NA VILLE [Traduisez : La distinction a payé en ville!] ». Comme pour dire, les bonnes notes RÉCOMPENSENT.

Pourtant, même si l’on ne peut pas uniquement juger les capacités intellectuelles d’un individu par ses notes scolaires, celles-ci restent la seule mesure objective reconnue dans tous les systèmes d’éducation  dans le monde et qui permet une relative comparabilité dans un pays et à travers les différents pays. Dans les pays développés, il est organisé le programme des enquêtes « PISA » (Program for International Student Assessment) auprès des étudiants âgés de 15 ans. Ces enquêtes évaluent les compétences en mathématiques, lectures, et sciences à partir des instruments standards qui ont été développés.

Lorsqu’on observe ce qui se passe ailleurs, nous pourrions poser les questions suivantes : « Nos élèves/étudiants réussissent-ils réellement? » Incidemment, nous pourrions aussi nous poser la question de savoir « si nous faisons du bon travail en enseignant nos jeunes à affronter demain la compétitivité locale sur le marché d’emploi; et plus encore, formons-nous des personnes qui sont compétitives au niveau international? ». Il est peut-être difficile de répondre à cette question en l’absence d’une recherche fouillée sur les statistiques au niveau international. Un fait vrai : il y a très peu des R D Congolais qui évoluent dans les institutions internationales (Banque Mondiale, Fonds Monétaire International, Banque Africaine de Développement, Organisation Mondiale de la Santé, Programme des Nations Unies pour le Développement, Fonds des Nations Unies pour la Population, etc.). Encore moins sont ceux qui occupent les postes d’Exécutifs.

 

Ailleurs dans le monde (Exemple du Canada)

Avant d’analyser le barème des notes des Étudiants dans les autres universités, je vais partager avec vous une note de service que les responsables de la Faculté avaient adressé à tous les enseignants.

Source : Note de service (Faculté des sciences sociales, Université d’Ottawa, 7 Septembre 2012)

Enseignements tirés de cet extrait de la note de service.

Pour quelqu’un qui a évolué uniquement dans le système d’enseignement R D Congolais, il est clair, du moins en ce qui me concerne, que cette note de service serait interprétée comme une forme d’ingérence dans la sphère d’indépendance de l’enseignant qui comme on le sait, est le dieu dans son cours; et qui n’a pas d’injonctions de recevoir même du Doyen de la faculté, du Secrétaire Général Académique, ou même du Ministre.

            Dans le cas présent, les autorités de la Faculté s’assurent que les enseignants se conforment aux règlements de la Faculté/Université tout en garantissant la réputation de l’Université.

[…] Barème des notes des Étudiants

Examinons maintenant le barème de notation tel qu’approuvé par le Sénat de l’Université.

 

Tableau 3 

Notes en pourcentages

Échelle en Lettre

90% - 100 %

A+

85% - 89%

A

80% - 84%

A-

75% - 79%

B+

70% - 74%

B

65% - 69%

C+

60% - 64%

C

55% - 59%

D+

50% - 54%

D

40% - 49%

E

0% - 39%

F

Absent

ABS

Échec/Incomplet

EIN

Source : Note de service (Faculté des sciences sociales, Université d’Ottawa, 7 Septembre 2012)

La colonne (1) porte à croire que dans une matière/cours donnée, un étudiant peut ESPÉRER obtenir jusqu’à 100%. Certains peuvent rétorquer que même dans nos universités, les enseignants peuvent attribuer la note de 20 sur 20. Mais je ne sais pas combien d’enseignants présents ici peuvent lever leurs doigts et confirmer qu’ils sont prêts à attribuer aux étudiants la note maximale. Il y a une anecdote (ou plutôt une histoire vraie!) qui dit que lorsqu’un enseignant réalise que l’élève/étudiant a donné toutes les bonnes réponses, ce dernier va se tourner vers les fautes d’orthographe pour justifier que l’élève/l’étudiant ne mérite pas le maximum.

La plage en bleu situe à peu près les tranches des notes que nous avons l’habitude d’attribuer à nos élèves/enseignants. Un coup d’œil rapide montre qu’il faille traverser 4 tranches (les meilleures) pour espérer classer un élève/étudiant sorti de nos écoles/universités.

Sur le plan international, cela dénote clairement que nos élèves/étudiants ne sont pas compétitifs ou du moins, jugés par les résultats scolaires. Même dans les pays développés où les règles de notation sont claires, se classer dans la bande bleue peut être aussi défavorisant. Par exemple, l’accès à certains programmes exige d’avoir une très bonne moyenne cumulative (c’est-à-dire une moyenne qui se situe entre A- et A+). Combien de nos étudiants sont capables d’un tel exploit? À nous de répondre.

 

Pour conclure

Nos institutions d’enseignements disposent-elles des politiques institutionnelles en matière d’évaluation des apprentissages?

Si elles existent et sont appliquées sans complaisance par tous les corps enseignants, et si elles sont expliquées aux étudiants dès le début de leur formation, cela éviterait les tensions qui prévalent dans nos écoles et universités à veille des délibérations. Il est courant d’apprendre que des professeurs sont entrain de fuir l’université parce que les étudiants sont très insatisfaits des résultats des délibérations, ou que les bureaux des responsables dans une faculté ou à l’université ont été lynchés par les étudiants. Cette situation est anormale et condamnable. Les étudiants manquent d’éthique en agissant de la sorte, mais en même temps, combien de temps les autorités de nos universités prennent-elles pour expliquer aux professeurs et aux étudiants les différents règlements qui régissent les écoles et les universités.

 

 

Quant à l’avenir…

Les étudiants en RDC sont déjà défavorisés sur bon nombre de points, comparés à ceux d’autres parties du monde:

  • Accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication;
  • Accès aux bibliothèques modernes (traditionnelles et virtuelles);
  • Taux d’occupation des locaux (le jour où j’ai raconté aux gens que j’ai enseigné 1200 étudiants dans un local prévu pour un max de 300 étudiants, personne ne l’a cru);
  • Difficiles conditions de travail et d’études (Transport, Frais de scolarité, etc.);
  • Année académique élastique, longue et harassante;

 

La question : « Allons-nous continuer à condamner des générations entières à un manque de compétitivité (c’est-à-dire à la médiocrité même s’ils ont naturellement les atouts pour être brillants!) ou devons-nous investir tout notre savoir-faire pour sortir de ce bourbier nos jeunes talentueux ?» Nous devons devenir créatifs pour imaginer les stratégies les plus efficaces pour développer les talents chez nos jeunes. Partout où ils vont, les R D Congolais qui veulent être sérieux dans ce qu’ils font se démarquent toujours. Pourquoi alors devons-nous continuer à dévaloriser ce qui est valorisé ailleurs. Je ne connais pas des cas des Assistants qui sont sortis du pays pour aller étudier ailleurs, et qui échouent. Pourtant, ils ne sont pas des « outstandings » dans leur propre pays la R D C si l’on les juge par leurs résultats scolaires (juste au-dessus de 70%, ce qui serait ailleurs des étudiants moyens).               

 

 

[1] Pour tenir compte de ces différences, les systèmes d’enseignements ont introduit la pondération. Mais encore une fois, ce système de pondération peut être débattu car il est une source des inégalités dans l’acquisition des connaissances chez les apprenants. 


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